Des rosiers par centaines !

Rosier 1 TournesolLe jardin du Professeur Tournesol se pare de rosiers pour célébrer l’amour timide que l’inventeur voue à Bianca Castafiore. Une bonne occasion de donner la parole à un spécialiste des rosiers, Christophe Dima de la pépinière Dima.

Alors que des centaines de roses s’épanouissent sous un soleil radieux, questionnons-nous sur la plantation des rosiers en racines nues avec Christophe Dima.

Silhouette Tournesol

Festival des jardins : Quel est l’intérêt de planter les rosiers en racines nues ?

Christophe Dima : Il y a plusieurs bonnes raisons pour préférer de planter les rosiers présentés en racines nues à ceux présentés en pot :

  • Une raison économique : c’est en effet le meilleur rapport qualité prix qui existe pour faire l’acquisition d’un rosier. Le bénéfice est d’autant plus grand que les rosiers se plantent en nombre pour des massifs généreusement fleuris.
  • Une raison agronomique : les rosiers en racines nues sont le plus généralement des rosiers obtenus par greffage en écusson. Le greffage est un mode de multiplication des plantes qui présente un avantage essentiel pour l’utilisateur comparé au bouturage qui est de permettre l’adaptation de la variété que l’on souhaite installée à la nature du sol et/ou au climat.
  • Un bilan écologique très favorable, les rosiers en racines nues sont très peu impactant pour l’environnement au niveau de leur production et présente aussi un système racinaire naturellement bien développé qui permettra l’exploration d’un grand volume de terre ce qui réduit fortement la dépendance à l’irrigation et à la fertilisation. Plantés pendant le repos végétatif, d’Octobre à Avril, ils auront le temps d’émettre de belles racines pour mieux résister aux premières chaleurs du printemps.
  • Il est utile de faire remarquer que les rosiers en pot peuvent être des rosiers greffés, recultivés en pot après leur production en plein champ. Il garde donc toutes les qualités des rosiers en racines nues, pour peu que le volume du pot soit suffisant (5 L minimum) et ont surtout comme intérêt pour le jardinier qu’ils pourront être plantés en toute saison, choisis chez le pépiniériste en pleine floraison pour être tout à fait sûr de son choix.

Festival des jardins : Comment bien réussir sa plantation de rosier en racines nues ?

Pépinières DIMA accueil

Accueil de la pépinière à Beire-le-Châtel

Christophe Dima : Si un rosier vivait déjà au même emplacement il est indispensable de changer la terre sur un volume d’1/2 brouette.

Avant la plantation il est conseillé de pratiquer un pralinage pour humecter parfaitement le système racinaire.

L’habillage du rosier consiste à le déshabiller ! On supprime les branches les plus fines ou cassées, également celles qui se développe au centre de la souche. On réduit les branches conservées à un maximum de 25 cm en veillant à tailler au-dessus d’un bourgeon orienté vers l’extérieur du pied. Les racines sont également raccourcies à 30/35 cm avec des coupes franches et nettes pour favoriser la cicatrisation.

  • Ouvrez un trou de 40 cm de diamètre et autant de profond avec une fourche bêche de préférence qui permet un bon mélange des différentes couches du sol.
  • Une fois le trou bien préparé, disposez le pied bien au centre, en évitant que les racines ne se courbent au fond du trou. Refermer avec un mélange de terre et de terreau de plantation et les nouvelles racines apparaitront très rapidement sous 8 à 10 jours.

Dans le cas de rosiers greffés, il est important de veiller à ne pas enterrer le collet pour éviter un phénomène d’affranchissement bien connu des jardiniers qui ferait perdre tout l’avantage du greffage.

L’importance de bien resserrer la terre sur les racines après plantation est un geste technique essentiel, en appuyant par petites touches avec le talon autour du collet. Un arrosage copieux permettra de parfaire le contact intime de la terre et des racines, gage de la bonne reprise.

Festival des jardins : Quelle terre et/ou amendement conseillez-vous ?

Christophe Dima : « C’est par le travail de la terre que les plantes nous récompenseront ».

La clé du succès réside donc dans la préparation du sol. Un sol profond et plutôt consistant, même avec des cailloux, est bien adapté pour recevoir des rosiers souvent plantés pour longtemps. Dans les sols très sableux, on cherchera à donner un peu de consistance en incorporant de la terre franche.

Il conviendra de leur procurer une bonne base de fertilité avec l’incorporation d’un amendement qui possède une bonne capacité de transformation en humus. A enfouir dans la zone explorée par les racines (40 cm). Notre expérience nous conduit à recommander le Biofertil, fumier de bovin composté, qui apporte une vie microbienne très intense et rééquilibre l’activité biologique des sols si importante pour l’épanouissement des plantes et des rosiers en particulier.

Champ de rosiers sept 2014

Christophe Dima à l’écoute des clients dans un champ de rosiers.

Festival des jardins : Quelles sont les conditions idéales d’une bonne reprise ?

Christophe Dima : En utilisant, par exemple, un porte greffe qui s’adapte aux sols argileux et calcaires on peut réussir la plupart des variétés de rosiers alors qu’il est de notoriété que les rosiers ne supportent pas les sols calcaires.

On trouve 2 principaux porte-greffes pour les rosiers produits dans les pépinières françaises : le multiflora et le laxa. Ce dernier présente l’avantage de conférer à la variété greffée une très bonne tolérance au calcaire et une plus grande résistance aux situations extrêmes (le froid en particulier). Le multiflora est par opposition à réserver aux régions à climat tempéré et au terrain acide à neutre.

Le choix du porte-greffe est donc primordial pour la reprise durable d’un rosier. En choisissant un rosier issu d’une production locale, vous aurez ainsi toutes les chances de trouver une plante adaptée aux mêmes conditions que celles rencontrées dans votre jardin.

Pour bien faire, la première année de la plantation, il est conseillé de maintenir le sol propre, régulièrement travaillé, en évitant l’utilisation d’un paillage.

Selon le porte-greffe et la variété, on constate qu’il faut bien une année pour que le rosier trouve sa place. C’est donc seulement en année 2 que l’on observe un bon épanouissement de la plante. Ce phénomène est quasi systématique pour les rosiers grimpants qui fleurissent rarement en 1ère année.

Festival des jardins : Comment entretenir son rosier dans le temps ?

Christophe Dima : Pour assurer le plein épanouissement des rosiers, il est important de se donner quelques rendez vous clés au fil de l’année :

  • Au début du printemps (autour du 15 mars) : la taille de printemps a pour objectif de favoriser l’émergence de nouvelles pousses qui remplaceront au fur et à mesure les plus anciennes. On n’hésite donc pas à être assez sévère, selon les variétés tout de même, et on réduit assez sérieusement les rosiers à grandes fleurs, les polyanthas et les miniatures. On sera moins sévère avec les rosiers arbustifs qui seront d’autant plus jolis qu’ils pourront prendre du volume d’année en année.
  • C’est aussi à ce moment là que l’on s’intéresse au sol, qu’on apportera un peu d’amendement si cela n’a pas été fait pendant l’hiver, et un engrais minéral ayant pour objectif d’encourager la sortie des nouvelles pousses et une belle 1ère floraison.
  • Après celle-ci, selon les variétés, on peut couper les fleurs fanées, en étant là encore assez sévère (5 feuilles minimum au dessous de la fleur fanée). Cela favorisera l’apparition de nouvelles jeunes pousses, qui fleuriront à leur tour en 6 à 8 semaines.
  • Encourager la végétation par un nouvel apport d’engrais minéral jusqu’à fin juillet.
  • Avec ce régime, en maintenant un sol propre et régulièrement aéré, on doit facilement avoir des floraisons qui se succéderont jusqu’aux gelées si il s’agit de variétés à floraison remontante.
  • Il faut retenir l’idée que plus le rosier aura la capacité de renouveler de pousses en cours de saison, plus il pourra fleurir. La clé du succès réside donc dans une alternance de taille et de fertilisation en cours d’année.
  • A l’automne, on nettoie les fleurs fanées en laissant de bonne longueur de branches pour éviter un redémarrage trop précoce au printemps préjudiciable aux jeunes pousses trop gélives. Certains rosiers arbustifs émettent des fruits très décoratifs qu’il serait dommage de supprimer. Faites en des bouquets d’automne très originaux.
  • Il n’y a pas d’obsolescence programmée pour les rosiers. C’est donc bien un ensemble de soins comme ceux décrits ci-dessus qui permettront à vos rosiers de s’épanouir durablement ! mais l’idée de changer de décor régulièrement comme dans la maison peut aussi faire partie d’une autre approche du jardin pour permettre d’essayer de nouvelles variétés, encore plus résistantes, encore plus florifères.

Merci à Christophe Dima pour ses précieux conseils et les magnifiques rosiers du jardin du Professeur Tournesol qui sont visibles depuis le 10 juin jusqu’au 22 octobre 2017.

Photos : Pépinière Dima et Audrey Cognet

Rosier 5 Tournesol

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