Claude Ponti

L'Ecoute aux Portes (1995 l'école des loisirs).jpg

Image extraite de l’album « L’écoute aux portes » en exposition à la Saline

Du 22 au 24 octobre et à l’occasion de la fête de clôture du festival des jardins, Claude Ponti, éminent faiseur d’histoires, était entre les murs de la Saline Royale.

 

Lors de la journée de clôture, cinq enfants (Adèles, Louise, Félix, Lily-Rose et Louise) étaient là pour lire, devant l’auteur assis parmi eux, deux de ses livres Dans la voiture et Blaise et le château d’Anne Hiversère. Les albums de Claude Ponti, destinés d’abord à un public jeunesse, sont aussi riches d’images que de mots rendant unanimes enfants et parents. Notre quintette de lecteurs s’est adonné à l’exercice du conte avec brio, puis chacun a pu poser des questions à l’auteur « Combien de temps faut-il pour faire un album ? », « Pourquoi y-a-t-il souvent tant de poussins dans vos albums ? », « Pourquoi tu fais vivre tous tes personnages ? ». Les réponses de l’interviewé aux questions aussi pertinentes que spontanées des enfants ont donné lieu à un bel échange qui restera sans doute longtemps dans leur mémoire. Profitant de la présence de l’artiste à la Saline, nous avons pu, à notre tour lui poser nos questions, avec Manon et Eglantine, médiatrices culturelles qui ont créé des ateliers autour de l’œuvre de Claude Ponti et de son exposition à la Saline (du 26 septembre au 26 novembre).

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Claude Ponti

Aussi, lundi matin, nous avons eu le plaisir de le rencontrer et de le questionner. C’est Manon qui a ouvert le bal en lui demandant qu’elle approche du numérique il avait, du fait de la récente création du Muz, un musée en ligne qui expose des œuvres d’enfants de tous horizons. Il nous explique que le Muz est accessible à tous, depuis chez soi, partout dans le monde : c’est un peu le pouvoir du numérique, être si près tout en étant si loin. Le site regorge de dessins, sculptures, peintures, textes, photographies, réalisés par des enfants et des adolescents. Chacun peut envoyer son dessin, son œuvre, qui sera « soumis/e »à un jury auquel tout le monde peut prendre part. Ce projet, aussi audacieux qu’émulateur, met en lumière les œuvres des enfants, leur alloue un espace rien qu’à eux où ils peuvent s’exprimer. Afin de financer le site, des artistes renommés de l’illustration jeunesse participent par le biais d’une vente aux enchères annuelle de leurs œuvres.

 

Quant à son travail, il a pu nous faire part de ses influences plastiques : Bruegel, Jérôme Bosch, Rothko, Rembrandt mais aussi les peintres naïfs et l’art brut, tandis que pour la littérature il nous parle volontiers de Lewis Carol et de son Alice pour lequel il trouve les rapports à la réalité et à l’autorité intéressants. Et à propos d’histoire, Claude Ponti nous a expliqué sa façon de procéder pour écrire un livre. Ses idées lui viennent simplement avec la vie, ce qu’il voit autour de lui. Et tout cela, il le laisse germer dans sa tête, parfois peu de temps, parfois plusieurs années avant que ça n’éclose sur papier. L’idée bien en tête, il réalise une maquette du livre avec des croquis de dessins et des « croquis de textes » ; s’il la trouve réussie il termine les dessins (au crayon puis à l’encre). C’est souvent après l’encrage en couleurs qui lui viennent ses dernières idées de texte, lequel ne sera vraiment définitif que quand les dessins seront achevés. L’auteur n’est jamais en reste : un album sort cette fin d’année, et deux autres sont dès lors en préparation, venant bientôt s’ajouter aux 70 livres (environ Claude Ponti ne tient pas de décompte !) qu’il a écrits et/illustrés.

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Poussin végétal au jardin botanique de Nantes

Puis, Claude Ponti nous a parlé de son enfance, du parc de Lunéville sa ville natale, dans les Vosges, et du parc où il allait alors, une sorte de « Versailles en plus petit ». Il nous confie qu’il a un faible pour les arbres, géants silencieux et protecteurs à l’instar du chêne qui accueillait le jeune Claude Ponti sur ses branches pour lire sans être dérangé, lorsque ses parents ont emménagé à la campagne. Selon lui, le rapport à la nature devrait être une évidence tant il est essentiel. Retourné vivre à la campagne après de nombreuses années passées dans la capitale, l’auteur et sa famille ont pu retrouver le plaisir d’avoir un jardin, avec beaucoup de fruitiers, un potager, « de beaux et braves vieux arbres ». Pour lui, jardiner ou être dans un jardin, un parc, c’est se ressourcer, prendre le temps de voir pousser les légumes, et de les manger aussi. Et c’est en admirateur du végétal qu’il a participé pour la quatrième fois cette année à l’aménagement haut en couleurs du jardin botanique de Nantes, cet été. Il parle de cette expérience avec enthousiasme, louant l’équipe des jardins, le travail des bénévoles, la synergie du groupe, pour un résultat remarquable : un poussin géant végétal est, par exemple, endormi dans le parc après les 7 000 heures de travail qui ont été nécessaires, tandis qu’un peu plus loin des bancs à plusieurs échelles sont essayés par les promeneurs amusés. Ce travail, matérialisant son œuvre sous forme végétale répond à son affection pour les parcs : celui de la Tête d’or, à Lyon ou à Paris le parc Montsouris pour ne citer qu’eux. Claude Ponti nous explique que selon lui, un beau parc, dans lequel on se sent bien est avant tout un parc que l’on sent aimé par les gens qui y viennent régulièrement. On vous souhaite donc de voir et d’aimer le jardin botanique de Nantes, à deux pas de la gare, ce qui en fait une bien belle salle d’attente.

 

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Exposition « Promenade dans les images » sur l’œuvre de Claude Ponti

 

Nous remercions encore Claude Ponti d’avoir participé à cette journée de clôture du festival et pour nous avoir accordé ce moment d’échange aussi chaleureux qu’instructif. On ne peut que souhaiter de voir encore très longtemps ses livres sur les étagères et entre les mains d’enfants plongés dans les images, dans les mots. Pour Claude Ponti, « La littérature de jeunesse est un échange d’âme à âme entre le plus intime du lecteur et le plus intime de la personne de l’auteur. ».

Retrouvez toutes les infos du MUZ ici : → http://lemuz.org/

Rédaction et photos : Elsa Fonteny

 

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