Jacques Ferrandez, conseiller artistique du 16ème Festival des jardins

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Jacques Ferrandez, auteur, notamment, du cycle de bande-dessinées « Carnets d’Orient », primé en 1995 par le jury œcuménique de la bande-dessiné d’Angoulême, est venu lors de la journée de clôture, pour une séance de dédicaces attirant curieux et bédéphiles assidus.

Pour sa 16ème édition, le festival proposait en effet le jardin « Entre deux rives » inspiré de l’œuvre de Jacques Ferrandez qui a lui-même participé à sa conception. Le jardin aux fortes inspirations méditerranéennes et nord-africaines reflète le leitmotiv de ses albums qui content des histoires de personnages fictifs, traçant une histoire de l’Algérie au fil des décennies que l’auteur dépeint avec tendresse.

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Eugène Delacroix – Femme d’Alger dans leur appartement

Jacques Ferrandez est né à Alger en 1955, soit très peu de temps après les premiers « évènements » d’Algérie. Ses parents partent alors pour la France, à Nice où il étudiera durant 5 ans à l’École d’Art décoratif. Grand lecteur de bande-dessinées depuis l’enfance et ayant de vives prédispositions pour le dessin, il se destine très tôt pour le neuvième art et est publié assez rapidement dans le 4ème numéro du magazine mensuel de B-D belge A Suivre, alors qu’il est toujours étudiant. Plus tard, inspiré par les récits familiaux sur l’histoire algérienne, il entame un grand travail de recherche, à la fois historique mais aussi iconographique, s’inspirant tant de documents d’archive que de tableaux, à l’instar de ceux d’Eugène Delacroix, qui évoquent l’orientalisme romantique très à la mode au XIXème siècle. Cette documentation lui permet de raconter, à la manière d’un feuilletoniste des histoires fictives, sentimentales, personnelles, familiales, qui sont le fil rouge de ces « Carnet d’Orient », retraçant un passé à plusieurs voix, jamais univoque. Comme l’est l’Histoire.

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A propos du jardin, l’auteur semble avoir apprécié le fait de matérialiser son œuvre en végétaux, structures, aménagements paysagers. Il s‘agit en effet de créer un univers grâce aux pouvoirs de la symboliques : ici, des butes de sciure claires figurent les dunes de sables, un ancien puits canadien rhabillé devient une koubba, quelques bassins métalliques font office d’oasis à la végétation environnante luxuriante. Il souligne aussi l’importance de faire des choix dans l’aménagement d’un jardin : choix techniques, esthétiques, pratiques… seule condition au bon déroulé de la construction et appelant aussi à la créativité qui émerge de ces différentes contraintes. Jacques Ferrandez avait aussi participé à cette aventure plus tôt dans l’année en tant que jury pour les écoles proposant leurs projets de jardin. Déjà appelé à participer aux jurys de festivals de b-d et même de cinéma italien (à Annecy), l’auteur apprécie ces expériences dans lesquelles il est autant question de choix personnels et subjectifs que de la valeur universelle de l’art qui a le pouvoir de toucher chacun sans limite de nationalité, de croyance ou de culture.

 

Et c’est en voyant les visiteurs repartir le sourire aux lèvres, l’un des « Carnets d’Orient » signé par son auteur sous leurs bras, on ne doute pas un seul instant de l’universalité des propos comme des dessins de l’artiste. Nous pouvons une nouvelle fois le remercier chaudement de sa venue à la Saline Royale, à l’occasion de la clôture de la 16ème édition du Festival des Jardins.

Rédaction et photos : Elsa Fonteny

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