La finesse de l’art rencontre la matière brute de la pierre…

DSC_1294.JPGEntre le cliquetis des broches et des ciseaux, derrière les volutes de poussière blanche que le vent disperse rapidement, on peut apercevoir Guillaume Duc, tailleur de pierre, présent à la Saline Royale pour le Festival des Jardins 2016.

PoussinMasquéTantôt des coquillages et parfois des poussins masqués ou encore des livres ou des roses des vents, Guillaume Duc fait éclore de la matière sculptures et gravures avec aisance. Après une enfance où la pierre est déjà très présente, Guillaume Duc passe bientôt de l’atelier de son père sculpteur, à l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon, puis effectue un CAP chez les Compagnons du Devoir à Nîmes et à Saumur. Continuant sur sa lancée, il part pour l’Italie, en Toscane, où il restera cinq ans pour apprendre à faire de la copie de sculptures pour des artistes renommés tels que Botero, Adami… Par la suite, il se met à son compte pendant dix ans dans une entrepris de marbrerie et de décoration funéraire, dans laquelle il réalise des tombes sculptées, gravées. Il reçoit par la suite bon nombre d’appels d’offre, notamment de la ville de Dijon pour laquelle il a produit des bancs monumentaux disposés près du Lac Kir, des crocodiles et autres rochers géants percés. Outre ces œuvres de commande, Guillaume Duc fait de la sculpture animale et s’entoure d’un bestiaire minéral aux lignes épurées : éléphant, chat, orang-outan, ours polaire : autant de témoins de la richesse d’une biodiversité pourtant asphyxiée par l’homme. L’inquiétude ou la solitude de ces animaux semble perler le long des courbes taillées, pour la plupart, dans du marbre noir de Belgique. C’est une pierre que l’artiste affectionne beaucoup, évoquant une certaine sensualité de la pierre, un rapport tactile agréable mais surtout des possibilités de taille plus approfondies. Aussi, ses créations, comme un hommage à l’animal, transformé en stèle immobile et immortelle, lui permettent, à travers une approche esthétique, de mieux servir la symbolique.

DSC_1303Pour ce qui est du travail effectué à la Saline Royale, Guillaume Duc a réalisé une grande production de pierres qui iront habiller trois jardins : La Vallée de Troy pour ses menhirs, Au détour des mondes avec ses coquillages, ainsi que Le Monde de Claude Ponti avec sa tribu de poussins masqués. Tout cela a été fait avec les élèves des différentes écoles venues tout au long des trois semaines durant lesquelles il a été présent à la Saline. Le succès de son atelier de taille de pierre n’est plus à débattre. Les yeux ébahis des élèves voyant danser les ciseaux qui modèlent la matière en rythme se passent d’explication ! Ils ont donc eux aussi mis la main à la…pierre, réalisant eux-mêmes, sous les conseils avisés de l’artiste, diverses pierres gravées, exposées fièrement dans leur jardin. Cette rencontre semble en avoir inspiré plus d‘un. Aussi, Guillaume Duc prévoit par la suite de continuer ce partage avec des écoles, car il perçoit ce travail comme valorisant pour les élèves : puisqu’accessible, la taille de pierre promet un rendu rapide ainsi qu’un aspect de surface très convaincant. Il projette également de réaliser pour la ville de Dijon un ours polaire grandeur nature, sortant de la banquise se liquéfiant, invitant presque les badauds, de par son air inquiet et la douceur de la pierre, à venir le caresser. Le contact de l’homme et de la pierre-animale a son importance et traduit ainsi notre rapport à la nature… et à l’art. Une exposition consacrée aux primates en voie d’extinction est aussi prévue, ainsi que l’acquisition d’un atelier de sculpture, où verra le jour bon nombre de créations, à mi-chemin entre l’organique et le minéral.

Après cette deuxième participation au Festival des Jardins de la Saline Royale, on espère l’y revoir lors de la 17ème édition ! En attendant on ne peut que souhaiter qu’il continue à inciter le public à réfléchir aux enjeux écologiques actuels à travers le travail de la matière, si dure et demandant une sorte de suivi dans l’effort, qu’il modèle pourtant avec légèreté. Naturellement.

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Retrouvez l’ensemble des jardins de l’édition 2016 ici

Rédaction et photos : Elsa

3 réflexions sur “La finesse de l’art rencontre la matière brute de la pierre…

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