Insectes kivassiens

DSC_1396La dernière semaine d’avril a donné le jour à d’étranges insectes mécaniques, nouveaux gardiens du site de la Saline Royale. 

DUHAMEL (2)Du 26 au 29 avril, le lycée Jacques Duhamel de Dole et ses élèves de première année du BTS Design Produit étaient présents à la Saline afin de réaliser un curieux bestiaire entomo-mécanique dans le cadre de la 16ème édition du Festival des Jardins. Etablissement partenaire du Festival depuis ses débuts et associé avec l’école de vannerie Fayl Billot depuis 13 ans, les chantiers à la Saline Royale sont donc incontournables de la vie pédagogique des élèves du BTS. Cette année, ils ont travaillé sur le monde agricole et ses machines, en lien, donc, à la fois avec le jardin mais aussi avec le produit industriel et fonctionnel. Mais ici, l’hommage rendu aux outils anciens passe par le détournement : tracteurs et charrues deviennent, sous les doigts des étudiants, une colonie d’insectes géants, inspirés de la bande-dessinée Beta Civilisations de Jens Harder. La conception passe aussi par la prospection des machines. Le choix s’est porté sur des entreprises locales au passé illustre : Kiva à Lons-le-Saunier et Labourier à Mouchard pour les tracteurs, qui ont été prêtés par des collectionneurs. Les huit charrues à bras, quant à elles, ont été allouées par la Maison du Patrimoine de St Aubin, témoignant de 150 ans d’histoire agricole. Il est donc question de s’approprier les véhicules, de leur donner une seconde vie. Les élèves ont chacun produit un dessin, une idée d’insecte mécanique, avec son lot de planches et de maquettes dont quatre ont été sélectionnées pour la réalisation.Mais bien sûr le fourmillement d’idées se retrouve dans chaque création, qui sera donc collective.

DUHAMEL.JPGAu niveau de la mise en œuvre des tracto-bestioles, la ligne directive a été celle de la récupération : tous les matériaux utilisés ont été recyclés, bénéficiant eux aussi d’une seconde vie d’emprunt. Les bâches de camion deviennent des rubans, les chambres à air sont astucieusement intégrées dans les abdomens, les adhésifs réfléchissants de panneaux de signalisation deviennent les écailles des ailes multicolores des coléoptères métalliques, de vieux spots lumineux deviennent les yeux des engins, tous cils dehors. Mais la matière phare des insectes c’est l’osier : maniable et esthétique, il permet un panel de lignes presque infini. Les élèves ont travaillé cette matière sous les conseils avisés de Claude Cultot, ancien directeur de l’école de vannerie Fayl Billot. Le saule devient chitine dans un enchevêtrement de tiges aux arabesques rappelant la diversité formelle du monde animal, jouxtant celles de l’univers mécanique des machines. Et cette omniprésence du matériel de récupération permet une réalisation à moindre coût, au cœur des enjeux économiques et écologiques actuels. Les visiteurs pourront découvrir cet essaim dès leur sortie de la billetterie, comme une mise en mirette, annonçant un parcours bédéphile haut en couleurs !

Retrouvez l’ensemble des jardins de l’édition 2016 ici

Rédaction et photographies : Elsa Fonteny

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